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Les Villes invisibles

samedi 23 février 2013, par gepeto

La lecture du roman Les Villes invisibles [1] ou du projet de Bruno Latour ’Paris invisible’ [2] nous offre des axes de réflexions très intéressants. Comment réaliser nos villes utopiques à l’intérieur de la réalité invisible ?

Nous aurions envie d’écrire cette ville qui ne peut exister qu’en rêve, filiforme, cachée, ville des signes, des désirs, des textes... Faire que ces utopies sans lieu s’incarne à travers une poésie, celle qu’on effleure avec la technique.

ll faut lutter contre les revenants de la ville, participer activement à cette guerre des récits que décrit Michel De Certeau [3], créer une autre dimension, tour à tour fantastique et délinquante, redoutable ou légitimante. De ce fait, [les récits urbains] rendent la ville « croyable », ils l’affectent d’une profondeur inconnue à inventorier, ils l’ouvrent à des voyages. Ce sont les clés de la ville : il donnent accès à ce qu’elle est, mythique(...) Habiter c’est narrativiser. Fomenter ou restaurer cette narrativité, c’est donc aussi une tache de réhabilitation. Il faut réveiller les histoires qui dorment dans les rues et qui gisent quelquefois dans un simple nom, pliées dans ce dé à coudre comme les soieries de la fée.

Et permettre à tous d’aller contre un urbanisme vampire où le collectif tend à renoncer au commun c’est pour nous dans l’idée du Libre et des jeux libres [4] de chercher comment partager ce palimpseste expressif sans masquer ou effacer tout autre réalité.

Autres pistes :


[1Le città invisibili d’Italo Calvino publié en 1972 (Einaudi)

[3Michel De Certeau, L’invention du quotidien T2 P202

[4Libre de logiciel libre et du rapport à l’invention commune en tant que bien commun